Yeux Il ne veut plus de pub ni de course à l'Audimat sur les chaînes publiques. Une idée justifiée à gauche depuis longtemps, mais lui la recycle sans la justifier. Il ne le peut pas. En effet, comment ce capitaliste décomplexé tiendrait-il des propos antipub ? contre la propagande marchande et la lobotomisation rigolarde ? Voici donc des mesures, lancées sans plan de financement (ineptie économique) et, plus grave, sans débat de fond (ineptie politique). Et l'on s'aperçoit que la « politique de civilisation » tant vantée n'est qu'un slogan publicitaire de plus, un habillage sans contenu, une mascarade...

Marques

Cessons d'être spectateurs et le Spectacle cessera ! — Plus facile à dire qu'à réaliser dans nos vies, n'est-ce pas ? Tant nous sommes conditionnés à croire que vivre, c'est justement participer au Spectacle, faire son show ; tant l'idée de communautés est rabaissée au rang des tribus consuméristes sans autres vues que le Marché, sans autres liens que le calcul d'intérêt.

Exemple : la permanente élection-érection du Président, spectacle dont l'obscénité tient moins dans sa course pour égaler un papa flambeur que dans l'idée — absolument libérale — que pour faire triompher l'économie, il faille se passer de la politique. Cela donne la « pipolitique », la politique-spectacle, c'est-à-dire l'effacement spectaculaire du politique. La vraie liquidation de Mai.

Antipub

Nous nous laissons obnubiler parce que nous avons peur de remettre en question notre spectacle à nous, notre propre inauthenticité, cette vie quotidienne aliénée qu'un Spectacle plus fascinant encore nous permet de masquer. Remettre en cause le Spectacle, c'est bien se remettre en cause soi-même, briser son propre show, se repolitiser le corps ; et plus nous serons nombreux dans cette entreprise, plus le réveil sera irrésistible. Oui, soyons unis par le naturel effervescent, non pour le Grand Soir, mais pour le Grand Dessillement !