Perpétuer la violence subie : onde de choc. Perpétuer l’humanité reçue : onde de charme. [...]
Vivre exhilaramment, c’est porter sur tout ce qui nous entoure la même qualité d’attention que nous portons sur les moindres éléments de nos rêves, comme si nous les découvrions pour la première fois. « Quand je vais dans la campagne le paysage me devient presque tout de suite intérieur par je ne sais quel glissement du dehors vers le dedans, j’avance comme dans mon propre monde mental », explique le poète Jules Supervielle. « On est parfois étonné de mon émerveillement devant le monde, il me vient autant de la permanence du rêve que de ma mauvaise mémoire. Tous deux me font aller de surprise en surprise et me forcent encore à m’étonner de tout : "Tiens, il y a des arbres, il y a la mer. Il y a des femmes. Il en est même de fort belles". »

L’exhilare n’arrête pas de se dire ce « tiens ! » au fort parfum de découverte, exclamation de son festin, signe d’une fascination simple pour le monde des beautés et des sentiments. Qui le dit mieux que les poètes ? − On ne digère immédiatement que le merveilleux, et l’exhilaration est justement une industrie des merveilles, une puissance nectarifère transformant la vie en aliment. Elle lève tous les freins de mon épanouissement. Elle marie le tremblé des évènements à mon tremblé de symboles, le dehors et le dedans. Prolongement de l’étonnement du rêve dans ma vie, elle me fait siroter l’exhilarité contenue dans la vie même. Renaître en permanence à chaque visage rencontré, chaque frottement. Ne pas préférer le rêvé au vécu. Danser un rêve éveillé. Vivre au printemps.

> Magique étude du Bonheur (groupe Facebook).

> « Be Happy » (compte-rendu du Nouvel Observateur).