« Mishima ! Kawabata !... Hélas ! Les auteurs
« Japonais sont indépassables ! » se lamente
Linh-Dan, timide Taïwanaise, hésitante
Quant à noircir ses blocs notes de mots rêveurs.
Un soir, elle ose enfin soumettre à un lecteur
De confiance ses brouillons. Il ne les commente
Point. « Je sais, se ravise Linh-Dan, l'histoire est trop lente,
« Mon style, enflé, mes personnages, une horreur !... »
Le silence enraie son bafouillage. Elle sent
Son cœur battre et dit : « Papa, toi dont les romans
« S'arrachent à Tokyo, j'aimerais tes conseils… »
Le père alors répond : « Ces écrits, mon bébé,
« Je les parcours — merveille ! — sans les lire. Car "les
« Écrivains ne se lisent pas : ils se surveillent." »