À seize ans, Chapman lit L'Attrape-cœur. Ancien
junkie recyclé dans les Jeunesses chrétiennes,
l'œuvre de Salinger lui flanque une migraine
mystique : « Tous les adultes sont des crétins ! »
Fort de cette certitude, notre gamin
dépressif, ex-fan des Beatles, se démène
pour assassiner John Lennon. Terrible scène
de coups de feu, dans Central Park ; la star s'éteint.
« La faute à la drogue ! » analyse un spécialiste
du crime. — « Au rock ! » dit un psy. — « Non, la faute au Christ ! »
Finalement, tous incriminent Salinger.
Soulagement des parents du jeune cinglé :
« Notre fiston était si gentil ! Élevé
« sans amour, c'est vrai, mais… Maudit Attrape-cœur ! »