Vincent Cespedes

La poudre de Perlimpinpin

Un obsédé sexuel — marquis, de surcroît —,
Commande à l'alchimiste Perlimpinpin de le
Guérir : « Les femmes m'épuisent, se plaint-il. Va !
« Crée-moi l'anti-aphrodisiaque que tu peux ! »

Et, bien que fauché, le frénétique tend trois
Mille livres. Le mage refuse : « Gratuit ! Le
« Défi me plaît ! » — Quel travail ! Il passe des mois,
Le nez dans ses grimoires. Philtres noirs, potions bleues…

Rien ! Huile ulcéreuse en cas de coups de foudre, ail,
Cul d'obèse… Échecs ! Puis, un soir, le sorcier piaille :
« Le tue-l'amour n'est qu'un prêtre… en poudre ! Eurêka ! »

Fier — mais honteux —, il le donne au marquis de Sade.
« Ne guérissez pas de l'amour : restez malade ! »
Lui conseille-t-il, toutefois. — « L'amour ? C'est quoi ? »