Dur à dire… Pire à écrire, surtout dans
Une lettre. L'ortograf et moi, ça fait deux.
Voilà, je me lance : Antony, c'est fini, je
Te quitte. Et ça me fout les nerfs ! Tu es violent.
Tu ne m'as jamais donné d'amour mais, longtemps,
Moi, j'ai cru à nos rires, nos fraudes, nos heureux
Moments de partage où le shit, la Kro, les jeux
De oufs nous faisaient perdre ce qui pèse : le temps.
Mais tu m'as tout pris : soif, soleil, vie, dignité !…
Si des parents qui t'aiment t'apprennent à aimer,
Les miens m'auront appris la honte d'être un Beur.
Brûle, Antony ! Je t'aime. Je ne reviendrai plus.
Je souffre. Ô mon quartier ! Quel monde injuste et cru !
Plus on devient lucide, plus acide est le cœur.