Vincent Cespedes
selma

Selma

                       À Nicolas Ponzo

Selma,
C'est ma
Blondinette craquante,

Des yeux
Si bleus
— Parfum très forte menthe.

Peau douce,
Frimousse
Que l'ardeur alimente ;

Des rires
Qui tirent
La joie du nez aux plantes.

Ô toi,
Selma !
La Vie, cette géante

Aux pieds
De fée,
Aux doigts que l'amour gante,

Dirige,
Te dis-je,
La Sauvette et la Vente,

Et veut
— Tant mieux ! —
Que jamais ne te mentent

Les sen-
Timents
Pleins d'angoisse pesante.

Non, toi,
Tu vas
Tout voir, belle Voyante :

Vrais fous,
Voyous,
Et les poux, et les lentes,

Tout comme
Les hommes
Qui — étoiles filantes

Ou purs
Et durs —
Sont sur la bonne pente.

Sois digne
Des vignes,
De la Terre ! Ô l'urgente

A sau-
Ver ! Ô
L'universelle Entente !